Atelier
Gallerie
Accueil
Bibliotheque
Auditorium
Retour haut de page - Menu
Liste des Poemes
Liste des Nouvelles

La nef vogue sur l'onde claire,
Créant maints remous dans le flot argent.
Un frêle esquif solitaire
Se balance légèrement.

Des myriades d'étoiles brillent au firmament
Etincelantes comme des perles nacrées
Là haut, comme de petits diamants,
Déposés sur un océan bleuté.

Et le gréement, si haut, si fier,
Aux voiles fines tissées de filins dorés
Est brillant comme une goutte de lumière,
Doucement perlé de claire rosée.

Et ce voilier, brillant, étincelle
Comme taillé dans une pierre de lune
Son mat touche le haut du ciel,
Se perdant dans l'horizon prune.

Mars 96.

Lumière de l'aube


En rayons solaires
Comme en rayons lunaires,
Belles sont la lumière
Et la lueur passagère.

Les astres lointains
Diffusent clarté incertaine.
La lumière du matin
Fait briller toute fontaine.

Et quand, au soir,
Déjà brille la lune,
Qui attend la nuit noire,
Le ciel couleur de prune,
Les lueurs se font pâles
La lune a son blanc visage ;
Les senteurs que la terre exhale
Se dispersent au passage
Du frais vent matinal
Tandis que, tôt déjà, s'installe
La brillante rosée,
Capturant la clarté.

Puis lorsque l'astre magique
Dispersant le noir maléfique
Arbore sa clarté,
Tout n'est que luminosité.

Lueurs, clarté,
Splendeurs boréales,
Eclat de pureté,
C'est l'aube pâle.

Mai 1996

La vallée de l'espoir.


Le crépuscule s'élève
Au delà de mes rêves.
Le jour se couche
Sur cette vallée farouche.

Oh, ciel encore bleu
Ouis donc les prières !
Et dis-moi, que faire,
Pour tous ces malheureux ?

Ils ont enduré trop de souffrances
Leur vie est bien trop cruelle
Dans les rues plane la transe

Leurs seigneurs ont dans le cœur du fiel
De l'égoïsme, de la méchanceté
Attisés par trop d'oisiveté.

Ils font fi des plaintes,
Fi des doléances
N'entendant qu'un pur silence
Des prières les mains jointes.

Mais même dans cette vallée aride
Gouvernée par des âmes noires
Des hommes méchants et perfides
Il ne faut perdre l'espoir.

Juin 96

La cité Perdue


Une grande ville, perdue sous des constellations.
Une ville morte, sans vie, sans raison.
Pourquoi tant de choses vivent sans sourire ?
Et pourquoi tant de choses alors s'en vont mourir ?

Ce sont des questions que l'on peut bien poser
Mais quant à la réponse, elle se laisse désirer.
Alors dans le désespoir on se laisse dériver,
Donnant à cette cité encore plus d'immensité.

Et j'écris à cette cité morte
Cité des rêves déchus
Qui s'agrandit de la sorte,
Ne montrant qu'espoir disparut.

Cette cité existe en le cœur de chaque homme
Et si un jour elle en chasse le bonheur
Leurs pensées deviendront tout comme
Un immense désert, larme de peur.

Cette cité grandit en nos cœurs
Innocemment elle nourrit notre tristesse
Insolemment s'abreuve de notre détresse,
Voleuse de rêves, donneuse de peur.

Novembre 1998

Nuit de Colère


Les néons blafards
Pâlement éclairent
Sifflements criards
Dans nuit de colère.

Craquement subit
D'un superbe éclair
Désastre maudit
Menant la misère.

Fleuve déchaîné
En flots rouge sang
Sans peine ni pitié
Dangereux torrent.

Qui a donc causé
Ce délirant désastre
C'est ce mont échauffé
Aux vapeurs rougeâtres.

Pleuvant du noir du ciel
Amenant le néant
Au cœur de feu, étincelles,
Les larmes du volcan.

Colosse de l'enfer
Tes larmes de haine
Inondent la terre
La peur est souveraine.

La mort, l'horreur
La peur et l'angoisse
S'esquivent, s'effleurent
Se fuient et se chassent.

Seules elles sur cette terre
Sont réelles, éternelles,
Le calme est éphémère,
Sans fin sont les querelles.

1996

Destin


Une ligne tracée dans un couloir sans fin,
C'est mystère, c'est secret, ta vie est infinie.
Ni queue ni tête ni rien, ta vie n'est que magie
Sans chapeau ni lapin tu es un magicien.

Tu observes et gouvernes nos lois et nos chagrins
De partout tu nous cernes, jamais tu n'es surpris
Dans la triste misère jamais tu ne faiblis
Tu es une lumière, tu es notre destin.

Tu sais tout, tu vois tout, depuis l'éternité,
Mêlant l'agitation et la sérénité.
Et si quelqu'un troublait ton long cours monotone ?

Jamais on ne pourrait, et tu t'en vas, filant,
Suivant les étés, hivers, printemps et automnes,
On ne sait d'où tu viens, tu es comme le vent,

Tu es notre destin.

Eté 1998

Coucher de Soleil


Au loin apparaît une étoile
Brillante étoile du berger.
Ses rayons le drapant d'un voile,
Comme poussé par un vent léger,
Au loin, il décline, le soleil
Qui étincelle, astre vermeil.

De l'indigo à l'écarlate,
Feu d'artifice de couleurs
Qui s'enflamme, brûle et éclate,
Une caresse de chaleur
Qui s'épuise, et s'amenuise ;
La nuit a mis sa bleue chemise.

1998

Appel


J'écris pour les lendemains,
Pour ces âmes que le chagrin
Ravage, dur chagrin
Que tu périsses dès demain.

La douleur et l'amertume
Chantent leur gloire en ces jours,
Etendant leurs lourdes brumes
Sur les hommes et leur amour.

Et il renaît, cet espoir,
Dans les cœurs et dans les âmes,
Contre la misère noire
Et pour l'honneur, on prend les armes.

Un souffle, une larme,
Un éclat ou un mirage,
Ces rêves que l'on désarme,
Sur le conseil des hommes dits "sages".

Et je le répète, mon message,
Qu'on l'entende dans toutes les villes,
Que tous les cœurs libèrent leur rage,
Pour qu'à nouveau le soleil brille.

Mars 1999

Mystère


Mystère
Un dédale de ruelles sombres
Un univers
Une âme se perd dans la pénombre
Un cœur
Un cœur se tord dans un pleur
Une peur
Une frayeur s'étouffe sur le poids des malheurs
Une larme
Une perle se pâme dans un torrent de tristesse
Une arme
Une folie s'étend dans une mer d'ivresse
Un délire
Une idée se perd au plus profond d'une mémoire
Un sourire
Une étincelle s'endort dans une image noire
Une souffrance
Une douleur s'étale par delà le bonheur
Une errance
Un chemin s'enfuit dans un flot de terreur
Un rire
Un cristal se brise sur un long sanglot
Un soupir
Un regret s'ancre dans un endroit clôt
Un mirage
Un bonheur s'efface dans le sable des dunes
Un nuage
Une caresse s'élève vers un sourire de lune
Un espoir
Une lueur s'amenuise dans un grand cimetière
Un miroir
Un reflet s'égare sur un visage qui erre
Un blanc
Un noir
Une suite de mystères s'en va dans des conquêtes,
Dans des immensités, elle continue sa quête,
Un espoir, un silence,
S'en va dans une danse
Dans un jeu de lumières
Mystère.

Mars 1999

Sourire


Un sourire, c'est une perle.
Une perle qui brille, vit, se consume.
La légèreté d'une hirondelle
Qui tout d'un coup sort des brumes.

Un sourire, c'est une ivresse,
Dont on abuse sans déraison.
Sans qu'on s'en lasse, petite caresse,
Qui embellit la raison.

Un sourire, c'est une tendresse,
Qui envahit les cœurs et les âmes.
Et elle s'éteint, la tristesse,
Le sourire éteint les larmes.

Un sourire, c'est un éclat,
Qui rayonne sur un visage.
Mais cet éclat s'éteindra,
Faisant l'effet d'un mirage.

Alors souris, souris, sourire,
Un sourire pour une vie,
Pour une passion, un délire,
Une étincelle de magie.

Un sourire, c'est une étoile,
Qui s'allume à l'horizon.
Un souffle, une lueur pâle,
Qui se moque des saisons.

Un sourire réchauffe un hiver,
Même s'il ne dure qu'un éclair.
Un sourire ensorcelle un automne,
Illuminant ces arbres qui frissonnent.
Un sourire rafraîchit un été,
Aux enfers caresse givrée.
Un sourire magnifie un printemps,
Même s'il ne dure qu'un temps.

Un sourire,
S'enfante dans le cœur.
Un sourire,
Efface les pleurs.
Un sourire,
Balaie les malheurs.
Un sourire…
On peut même rire de ses peurs.

Un sourire, c'est un miracle,
Le sauveur d'un monde nu.
Comme la voix d'un oracle,
Efface les malheurs vécus

Un sourire.
Une émotion.
Un sourire c'est une vie,
Qui s'étend vers l'horizon.

Avril 1999

Sauve la colombe


Un regard se perd
Une âme se noie.
C'est un univers
Qui tombe dans l'émoi.

Un regard va, doux et lent,
Contemple l'horizon.
D'un coup il entend
La fin de la raison.

Et c'est la fin du jour
La fin pour toujours
Le dernier recours
Qui cours.

Cours vers l'Au-Delà,
C'est la nuit qui tombe.
Vas-t'en loin là bas,
S'envole la colombe.

Par delà les nuages,
Par delà les montagnes,
Par delà les images,
Elle portera son bagne.

C'est une nuit de torpeur
Qui envahit le monde,
Océan trompeur
De tristesse vagabonde.

Une houle de nuages
Imposants et sombres
Voilent le visage
De la lune douce et ronde.

Une ombre craintive
Effectue dans le soir
Une danse lascive…
As-tu peur de la voir ?

Elle te charme et t'envoûte
Avec indolence ;
Elle te met en déroute
Te voilà qui t'élance…

Et ton esprit vogue
Sur une ondée de rêves
En un court épilogue
C'est la fin qui s'achève.

Ton esprit s'affole
S'égare avec faiblesse
Au loin il s'envole
Et crie sa détresse.

L'aile blanche s'efface
Dans l'ombre des menaces
Elle est proie des rapaces
Sauve-la de l'impasse.

Vole vers l'Au-Delà,
Une mauvaise nuit tombe.
Sauve-toi loin là bas,
Protège la colombe.

12 juin 1999

Le Regard


Le regard est la voix muette de la pensée.

Dans un regard on peut lire le bonheur
Déceler l'ombre des malheurs
Trouver la caresse d'une douceur
Découvrir la larme des douleurs.

En un regard on peut tout dire,
Même le fin fond de ses pensées.
En un regard on peut tout découvrir,
Même un sourire dissimulé.

Le regard est la voix muette de la pensée
Le regard est comme une parole innée
Une parole universelle
Le regard est le langage Don-du-ciel.

Dans un regard on peut voir une face cachée
Y découvrir une haine étouffée
Y voir enfin un amour masqué
Y lire un souvenir enterré.

Le regard est la voix muette de la pensée
Le regard dévoile les émotions
Celles que l'on garde cachées
Le regard dévoile le cœur et ses passions.

Un regard caresse les contours de l'horizon
Un regard brave les lois de la raison
Un regard a le pouvoir de dire je t'aime
Même si l'amour est noyé dans la peine.

Le regard est une voix silencieuse et forte
Une voix muette qui emporte
Les cœurs sur la rivière des songes
Sur le torrent des secrets.

12 juin 1999

Insomnie


La fin du jour est proche
La nuit arrive à grands pas
La fin du jour est proche
Est-ce qu'il renaîtra
Demain.
Regarde la lune là haut
Regarde la lune si belle
Mais tu n'es pas tranquille
Tu attends que le jour se lève…

Ton cœur bat
L'incertitude
Ton anxiété inconsciente
Te tourmente.
Tu ne sais
L'habitude
Pourquoi tu ne dors pas
C'est la descente.

La nuit met à nu les sentiments
La nuit est révélatrice de l'instinct
La nuit la nature reprend ses droits
La nuit libère les puissances de la vie.
Mais toi tu es là
Avec ton insomnie
Et tu n'es pas tranquille
Mais tu ne sais
Ou ne veux pas savoir
Pourquoi.

Peut être ne veux-tu pas t'avouer
Que dans le même monde que toi
Sur la même terre que toi
Des gens meurent à chaque instant
Dans des souffrances abominables
Dans un malheur insoutenable.
Et peut être ne veux-tu pas t'avouer
Qu'il pourrait t'arriver la même chose
C'est peut-être ça qui te tourmente
Tu as peur
Peur de ne voir le jour se lever
Peur de ne revoir le soleil se montrer
Peur de ne revoir les visages que tu connais
Peur de perdre les gens que tu aimes
Peur de voir ce que demain te réserve
Ou même peur de ne pas le voir.
Mais alors ne fuie pas tant le passé
Et aies le courage de regarder
La vérité.

Car
Même si tu as tout ce que tu veux
Tout le confort que tu veux
Tout l'amour dont tu pourrais
Rêver
Tu ne rêves plus
Tu ne dors plus
Car tu as peur de ne jamais
Te réveiller
Ne t'es-tu jamais demandé
Pourquoi ?

27 juillet 1999

Imaginaire


Envole-toi
Décroche de la réalité
Et va
Découvrir les mondes dont tu as rêvé.

Regarde l'immensité
Des limbes
Regarde l'éternité
Qui s'offre à toi

Regarde la beauté
Douce caresse de clémence
Des mondes inexplorés
Aux frontières de la démence.

Une étendue de charme
Mer de sortilèges
Engloutit ton âme
Mais elle ne la protège.

Dans les mondes de l'imaginaire
On peut se perdre
Y rester
Bloqué.

Dans les mondes de l'imaginaire
On peut sombrer
Dans le trou noir
De l'oubli.

Dans les mondes de l'imaginaire
On peut pleurer
Souffrance
Désespérée.

Dans les mondes de l'imaginaire
On peut chuter
Dans les mâchoires
Du silence.

L'imaginaire aussi est cruel.
Et si la réalité n'est pas toujours belle
Elle au moins connaît ses limites.
Mais l'imaginaire
N'en a pas.

Il ne faut pas sous estimer
Les puissances de l'inconscient
Car il grignote le sensé
De tes pensées.
Il ne faut pas sous estimer
La force de l'irréalité
Car elle peut être bien plus forte
Que la réalité.

Imaginer
Réaliser
Le pas est grand
Réalité imaginée
Imaginaire réalisé
Mais pas tant que ça
Imaginaire
Toujours plus grand
Il est même
Réalité
Reléguée au second plan
Trop court parfois.

Quand l'imaginaire, tu l'as trouvé,
Ne le laisse pas t'égarer
Ne le laisse pas
Maître de ta volonté
Et garde le fil
De la réalité.

27 juillet 1999

Ta réalité
Où imaginaire et réalité sont liés
Par l’incroyable immensité de tes sens

24 février 2004

Ailleurs


File le vent sur les monts et les mers
Filent les vagues sur la traînée de sable
Filent les nuages sur l'océan d'azur
File la vie le long de l'univers.

File le vent sur le temps que l'on perd
Filent les vagues sur les humeurs instables
Filent les nuages sur le sang des impurs*
File la vie et toutes ses chimères.

L’esprit s’envole sur les corolles de la vie
Le long des mystères il s’enfuit
Voir s’il fait meilleur
Ailleurs.

File le vent sur la beauté des rêves
Filent les vagues sur la haine désolante
Filent les nuages sur la crête du malheur
File la vie sur une heure qui s’achève.

File le vent sur le bonheur qui crève
Filent les vagues sur les falaises qu’on arpente
Filent les nuages sur les cris et les pleurs
File la vie sans connaître une trêve.

L’esprit se perd dans le labyrinthe de la vie
Dans l’obscurité qui le poursuit
Sans pouvoir voir s’il fait meilleur
Ailleurs.

*ceux qui souillent la Vie
12 août 1999

Ironie du sort


Trouve la perle
Regarde la briller
Regarde la s’éteindre
Et mourir sans un bruit.

Trouve le bonheur
Regarde le t’échapper
Regarde le te narguer
Et s’évanouir dans la nuit.

Trouve la souffrance
Regarde la te suivre
Regarde la t’étouffer
Et envahir ta vie.

Trouve le malheur
Regarde le sourire
Regarde le grandir
Et te donner la mort.

12 août 1999

Déclin


Sombre dans la peine qui envahit ton âme
Regarde la te détruire de ton propre intérieur
Tu la vois faire, tu la sens, mais sans réagir
Serais-tu devenu esclave du chagrin.

Des questions sans réponses
Des réponses sans questions
Un couteau qu’on enfonce
Un esprit sans raison.

Le fruit de l’inconscience
La fin d’une innocence
Mais vois-tu la patience
Du mal qui te ronge.

Un oiseau qui s’échappe
S’enfuie à l’horizon
Le malheur le rattrape
L’enferme dans sa toison.

Sombre dans la peine qui envahit ton âme
Regarde la te détruire de ton propre intérieur
Tu la vois faire, la sens, toujours sans réagir
Serais-tu devenu esclave du chagrin.

12 août 1999

Désillusion


Un semblant d’éternité
Il l’avait vu
Il avait cru
Pouvoir l’attraper…

Sombrer dans le néant
Vouloir toujours plus grand
N’atteindre que la dérision
En toutes ses dimension.

Mais vouloir y croire encore
Faire en vain tous les efforts
Agoniser sans belle fin
Juste arriver au mot rien.

Un catapultage réussi
Vers la réalité
Vers l’ennui
Atterrissage raté
Octobre 99

Terrienne


Que sont ces mondes qui se disent différents
Que sont ces mondes qui se disent supérieurs
Que sont ces mondes qui se croient « au dessus »

Que sont ces gens qui se disent différents
Que sont ces gens qui se disent supérieurs
Que sont ces gens qui se croient « au dessus »

Je suis terrienne
Terrienne et rien d’autre
Je suis terrienne
Mais à votre avis
Y a t-il de quoi en être fier ?

Une seule et même planête
Plusieurs civilisations foulent le sol
De cette seule et même planête
Mais sont incapables de s’entendre
Sur cette seule et même planête.
Mais
Tout le monde est pareil
Tout le monde est différent
Sous un seul et même soleil
Tous des êtres vivants.

Qui se dit normal
Qu’est-ce que la normalité
Qui peut de permettre de se dire normal

Qui établit les règles
Du monde dans lequel on vit
Qui détient les rennes
Qui régit notre vie

Qui peut se permettre d’exclure
Qui peut se permettre de commander
Qui peut se permettre d’estimer
Les règles de la normalité

Nul n’est normal
Nul n’est différent
Tout le monde est pareil
Tout le monde est différent
On vit sous le même soleil
On est tous des êtres vivants.

Je suis terrienne
Terrienne et rien d’autre
Je suis terrienne
Sans autre qualificatif
Je suis humaine
Humaine, et rien d’autre
Une humaine qui vit sur Terre
Au même titre que tant d’autres.

La Terre est une planête
Une seule et même planête
Comment peut on se permettre
De vouloir la scinder

La Terre est une planête
Une seule et même planête
Nous y sommes tous nés
Elle nous a tous portés
Mais ce n’est pas une raison
Pour qu’elle nous appartienne.

La Terre est une planète
Qui a beaucoup donne
Que lui a-t-on rendu…

Mais
Qui peut se permettre
De se l’approprier
Qui établit les règles
Pourquoi la loi du sang
Régit le monde à présent

Je suis une humaine
Habitante de la terre
Je regarde le monde autour de moi
Et ne peut que constater
Le fléau de l’humanité
C’est l’humain
La seule vraie pollution que la terre ait porté
C’est l’humain.

9 octobre 1999

Une perle


Une perle qui brille dans le soir
Une étincelle de vie qui s’égare
Une pensée qui désespère de ne pouvoir
Dompter cette perle au pâle reflet ivoire.

Elle a la beauté d’une aurore boréale
La chaleur d’un soleil équatorial
La fraîcheur bleutée des glaces de l’Arctique
Elle brille d’une lueur lointaine et mystique.

C’est la perle de la tristesse
Une perle de fragilité
En un seul regard on peut la blesser
A jamais

C’est une perle qu’on ne peut toucher
Une perle qu’on ne peut même pas regarder
On souhaiterait d’elle qu’elle n’existe
Mais même refoulée elle subsiste.

Des fois on voudrait
Des fois on croirait
Pouvoir la cacher
Et la faire disparaître.

Des fois on voudrait
Des fois on croirait
S’en être débarrassé
A force de volonté

Mais cette perle de tristesse
Au plus profond du cœur est cachée
Pour ressurgir à un moment choisi
Et faire couler les larmes.

Cette perle parfois traîtresse
Qui fait tomber les défenses
Qu’on dresse dans les apparences
Qui fait couler les larmes.

Elle fait couler les larmes
Les larmes de la tristesse
Les larmes de la détresse
Et le cœur se tord de douleur.

Et un souffle, un soupir peut être
La perle déverse ses flots de tristesse
Pour une larme, pour un mal-être
Et elle grandit

Elle grandit et prend possession de l’âme toute entière
Et le cœur se serre, et le cœur se gonfle
Et le cœur avec la perle explose en un cri muet
Le sang fébrile pulse dans les veines
A toute allure.

Quand la source des larmes s’assèche
Quand le cœur s’allège de ses fardeaux
La perle rassemble ses éclats dispersés
Et dans un coin du cœur va se terrer
Mais ce n’est que pour mieux recommencer
La vie de la tristesse dure une éternité.

Cette perle on voudrait la briser
A tout jamais s’en débarrasser
Mais à bien y penser
Sans elle
L’éclat du bonheur serait terne à mourir.

2 janvier 00

Noir


Elle aurait voulu croire
Croire en la vie
Croire au bonheur
Mais elle ne pouvait que voir
Voir l’ennui
Voir le malheur
Sombrer dans le désespoir
Regarder les choses en noir
Regarder sur le sol, éparses,
Les éclats de son cœur brisé.

Elle était hantée par le désespoir
Elle avait voulu partir
Elle tombait dans un trou noir
Et elle voulait en finir
Sombrant loin, les pensées à l’écart
Les joies de son cœur si rares
Remplacés par des soupirs
Mais sur son visage un sourire…

Un sourire masque
Un sourire ironique
De voir le monde ainsi pathétique…
Un sourire sur son visage
Par habitude
Pour cacher que dans son âme
Tout est noir
Tout est triste
Face blême de la vie
Comme la face cachée de la Lune
On voit celle qui rayonne
On ne voit pas celle qui pleure
Dans le noir.

Elle aurait voulu boire
A la fontaine de la vie
Regarder au loin
Mais elle n’a pas pu.

Elle est allée boire
A la fontaine de la mort
Chaque goutte de sang
Lui rendant son sourire
Son sourire indolent
Son sourire innocent
Qui n’est là que pour oublier

Elle a bu à petites gouttes
Le sang de son âme en déroute
Rouge
Rouge comme les roses qui fleurissent les tombes
Ces fleurs si belles
Et pourtant si piquantes
Mais si ensorcelantes…

C’est une épine dans le flanc invisible de la vie
Une vie qui inlassablement s’enfuit
A tâtons dans le noir.

Novembre 1999

Silence


Ecoute le vent caresser la cime des arbres
Ecoute les oiseaux voler dans les nuages
Ecoute une rivière s’échapper sur la pierre
Ecoute le silence d’une vie qui chante sa romance

Ecoute le vent siffler dans les tours de béton
Ecoute les gens s’étouffer dans l’air mort
Ecoute les voitures gronder sur l’asphalte
Ecoute le silence d’une vie qui chante sa souffrance.

Septembre 1999

De par le monde


De par les terres et les rivages
Il y a tant de visages
Que le malheur a envahit

De par les rêves et les mirages
Il y a tant d’enfants sages
Qui vers le ciel sont partis

De par les ombres et les lumières
Il y a tant de choses éphémères
Que le malheur a emportées

De par les craintes et les mystères
Il y a tant de pauvres hères
Qui pour le ciel nous ont quittés

De par les campagnes et les villes
Il y a tant d’êtres graciles
Que la malheur a enlevés

De par les océans et les îles
Il y a tant d’âmes fragiles
Que la détresse a effacées

De par les feintes et les mensonges
Il y a tant de corps qu’on allonge
Que la mort a détruit

De par les pensées et les songes
Il y a tant d’esprits qui se rongent
Que la détresse a expédiés

De par absurdités et mensonges
De par les pensées et les songes
De par le poids des inconsciences
De par un surplus d’insouciance
Il y a tant de joues rosées
Que la mort aura ternies
Sur lesquelles aura roulé
La larme du malheur.
2000

Absurdités


Un océan qui s’endort
Une vague qu’on attend
C’est un soupir en suspend
Ou un souci si soûlant

C’est le soleil de la nuit
Ou une chaleur assourdie
Ou un soupir suscitant
Peine ou passion puissamment…

Tromposité surmenelle
Sinuosité naturelle
Un tourbillon turbulent
Sursis suscite impatient

Une mélopée surprenant
La star de nos inconscients
A l’instar de ces survivants
Sinistres encore sifflotant
Qui nous reviennent en disant
Bon gré mal gré si souvent
Que la vie vient vagabonde
Vénale vigoureuse et ronde
Un paradis bacchanal
De nos pensées pas banales
Le venin vient vacillant
La tête tourbillonnant…

Juin 2000

Instant


Et vole, le vent
Qui va, et vient
S’envole la Terre
S’en va, très loin

Saigne la plaie
Du Temps qui passe
Coule le sang
Des ans, c’est lent

Goutte de sang
Chaque minute
S’envolent les ans
S’écoule la lutte.

Sans foi ni loi
Larme d’éther
Fleuve d’émoi
Croit sur la Terre

Au bout du cours
Courent les jours
S’effile la toile
De l’univers.

Juillet 2000

Langueur


J’ai vu dans l’ombre de ton sourire se dessiner la Mort, pour rire, et pâlir les ombres de ton corps dans un sursaut puis s’approfondir pour se laisser conquérir par les ondes de mes sorts.

Et parfois dans un essor un éclat vient se briser, éclat de rire ou éclat de verre, fragilité éphémère qui transporte telle l’écume sur une vague mes pensées et mes chimères dans les brumes de l’infini.

J’ai vu dans l’ombre de ton sourire se dessiner mon sort, pour rire, et pâlir ma fière audace sur les ombres de ton corps dans un frémissement de surprise puis s’alanguir dans des rêves,

encore…
Encore des rêves toujours des rêves, encore des rêves rien de réel.

Puis j’ai vu dans l’ombre de ton sourire mourir mes rêves, pour rire encore, je les ai vus mourir et renaître réels, ton ombre sur mon corps.

2 Août 2000

Conjugaison de vie


Comme une sensation
Qui envahit le corps
Et l’esprit sans raison
Qui s’envole et s’endort.
Que, s’arrête le temps
Il est omniprésent
Une langueur vagabonde
Les idées se confondent
Loin, très loin dans les cieux
Une voix qui appelle
Pour adoucir les yeux
Que la haine rend cruels
Ô souffrance éternelle
Que la Terre nourrit
Comme une faible étincelle
Qui reste de la vie
La vie, qu’est-ce que la vie
Quand coulent des flots de sang
Que le monde sourit
Quand tombent des innocents
Que n’arrête le temps
Quand la vie s’en va loin
On dirait qu’on attend
Qu’arrive au bout la fin
Lointaine éternité
Le destin est tracé
Ou n’est-il qu’un dessin
Dans un vide incertain

Et, brûle le cœur,
S’attisent les rancœurs
Et éclate la haine
En sombre souveraine
Que les pleurs se nourrissent
Que les visages pâlissent
Et que les larmes rougissent
Faut-il que tout finisse
Que n’arrête le temps
Est-il omniprésent
Comme un imaginaire
Refusant de se taire
Que n’arrête le temps
Et qu’est-ce qu’on attend
Comment laisser filer
Mais peut-on l’attraper
Que n’arrête le temps
Est-il omniprésent
Existe-t-il seulement
Quand donc est le présent
Le présent est passé
Futur sera présent
Le futur est présent
Présentement passé
Le passé est fini…
On veut voir le futur
On l’attend au présent
Et on le voit passer
Passé.

20 septembre 2000

Violence


Un grondement sinistre qui peu à peu s’élève
Ou quand le cauchemar prend la place du rêve
Une humeur d’angoisse grandit, vagabonde
Un virus vénal ou une tumeur féconde

Un visage blême, regard vide, lèvres exsangues
S’offre à la mort dans un éclair d’acier
La rouge liqueur de vie coule par la plaie béante
Et le corps se vide sur le sol carrelé.

Quelques éclats de voix, quelques éclats de feu
Les balles ont sifflé, messagères de la Mort
Certaines déviées, les autres dans le corps
Sur l’asphalte glacée, qui s’endort peu à peu.

Ou quand les crocs du désespoir tout doux s’immiscent
Dans le cœur et l’âme, quand l’ennui morne se mêle
Aux douceurs de la vie, et cette vie qui glisse,
Glisse au bout d’une corde et s’enfuit sous la stèle.

La colère rugit, et les couteaux jaillissent
Leur lame aiguisée pénétrant la chair tendre, et
Pour un instant de haine, deux corps qui pourrissent,
L’un gît sur les pavés, l’autre meurt enfermé.

C’est la violence dans une étincelle vive
Qui dépasse les hommes, et on perd le contrôle
La haine et la rancune s’attisent et s’avivent
Au détour du chemin c’est la Mort que l’on frôle.

5 octobre 2000


Que les larmes s’écoulent en des rivières d’oubli
Que les fleurs se fanent quand le printemps fini
C’est la mort qui amène entraîne la vie au fond
D’un vide à l’air cruel, sans fin et sans raison.

Mais en réfléchissant la Mort est elle vraiment
Si pleine de cruauté, de tristesse et de peur
Quand arrive l’hiver, que se fane la fleur,
Ce n’est que pour renaître en s’épanouissant…

La Mort

Il est une voix qui, parmi tant d’autres
Comme un cri de détresse broie les douces voies
De la vie, c’est la Mort qui comme bon apôtre
Porte son court message sans en laisser le choix.

C’est une douleur aiguë qui comprime le cœur
D’une partie de gens qui s’offre vivement
A un torrent de larmes, gouttes de malheur
Pour n’emporter qu’une personne au firmament

Elle laisse une plaie, béante et si profonde,
Qu’on fait appel au Temps qui de sa main habile
Peu à peu exile de la planète ronde
Le souvenir d’un être pour un bonheur fragile…

Et d’une humeur candide, la Mort fait son chemin
D’une seule personne elle enlève le corps
Pour ôter le bonheur de chaque lendemain
Aux personnes qui restent et qui pleurent sur le sort

D’une personne qui vit toujours sur la Terre
Elle vit dans nos cœurs, tant qu’on vit, tant qu’on aime
Tant qu’on garde les yeux heureux, et qu’on espère
Nul ne meurt jamais même si le corps est blême

Ainsi que l’on soit mort ou que l’on soit vivant
Il faut quoi qu’il arrive regarder de l’avant
Qu’y a-t-il de plus vrai qu’un doux « Carpe Diem »
Pour briser ces prisons, chrysalides de chrysanthèmes ?

Septembre 2000

Interlude féerique


Féeries
Mélopées de charmes
Voluptés enivrantes
S’envole la vie
En étoile scintillante
Sonorités troublantes
Résonance inquiétante
Présence symbolique
De la matière physique.
L’esprit ailleurs
Voyage toujours
En douces langueurs
Figuré des jours
Sensation du Temps qui passe
Passage d’une légère angoisse
Désabusé esprit d’errance
S’effiloche sous son apparence
D’éternel renouveau.

Philosophie vitale


Des flots de sang
Qui inondent mes veines
A perdre haleine…
C’est la vie que je sens ?

Mourir pour vivre
On vit pour mourir

Jouer avec le feu
De toutes façons on meurt peu à peu
Jouer avec le feu…
De toutes façons on meurt peu à peu ?

Mourir pour vivre
On vit pour mourir
Ne faut-il pas mourir
Pour vivre ?

Je veux sentir le sang
Affluer dans mes veines
Et boire à perdre haleine
La vie que je ressens

Espérer
A-t-on le temps
Quand la vie défile
Est-ce qu’elle nous attend ?

Non.

Espérer
On n’a pas le temps
Car la vie défile
Beaucoup de pièges nous tend…

Tendrement
Nous invite
Doucement
Nous alite
Discrédite
Vite vite vite
Nous débite
En fragments hétéroclites…

Mourir pour vivre
Si on vit pour mourir
Faut il mourir pour vivre ?

Mourir d’ennui
C’est ennuyeux à mourir
Mieux vaut mourir de rire
Rire à n’en plus finir
Surtout rire de la vie !

Mourir…
De joie
Ou mourir
Dans la joie ?
Les deux je crois.

Mourir de désir ?
Délicieux à mourir
Désirer c’est un peu vivre
Quand tout devient troublant
C’est tout le cœur qui vibre…
Tremblant,
Frémir
De désir…

Je veux mourir
D’une overdose de vie
Pour ma mort je veux rire
Assouvir toutes mes envies
Je veux sourire
Quand viendra le jour où je meurs
Je ne veux pas voir de pleurs
Le jour où ma vie va finir

La vie a un but
Ce but c’est de finir
Vivre pour mourir
Mourir pour vivre
Et rire.
Faut il vivre pour mourir
Ou mourir pour vivre ?

Vivre et mourir
Peut être compliqué à n’en plus finir
Il vaut mieux en rire
Pour mieux en jouir.

1er novembre 00

Espérance


Je veux voir tourner la Terre
Je veux voir tourner le Monde
Sans le bruit des revolvers
Sans les flics qui font leur ronde
Je veux voir tourner la Terre
Je veux voir tourner le Monde
Sans que de pauvres âmes errent
Sans les humeurs vagabondes
Je veux voir tourner la Terre
Je veux voir tourner le Monde
Sans l’odeur des cimetières
Sans la colère qui gronde
Je veux voir tourner la Terre
Je veux voir tourner le Monde
Sans le bonheur éphémère
Sans qu’on brave la Colombe…
Je veux voir tourner la Terre
Je veux voir tourner le Monde
Sans qu’il devienne un enfer
Sans qu’il devienne un enfer
Je veux voir tourner la France
Sans la fin de l’innocence
Sans la fin de l’inconscience
Sans les injures que l’on lance
Je veux voir tourner la France
Sans la Flamme qui la consume
Injure abjecte idées ineptes
Voudraient nous perdre dans la brume
Comme des milliers d’insectes
Sous une douche d’insecticide…
Regarde dans le miroir du Temps
Un déjà vu miroitant
Aux lèvres un rictus perfide…

Je veux voir tourner la Terre
Harmonie dans l’Univers
Mais cela n’est qu’utopie
Je voudrais m’en aller d’ici
Voir ailleurs s’il y fait beau
Découvrir un jour nouveau
Nouveau matin
Nouveau chagrin
Et fuir très loin
Serait la fin…

Je veux faire tourner la Terre
Je veux faire tourner le monde
Sans qu’il devienne un enfer
Sans qu’il devienne ma tombe
Je veux faire tourner la Terre
Harmonie dans l’Univers
Mais la Terre tourne à l’envers
C’est avec elle que je tombe
Mais la Terre tourne à l’envers
Deviendra-t-elle un enfer
Deviendra-t-elle un enfer

26 octobre 2000

Fumée douce


« Je suis
Une fée de vos rêves fous
Sur la mer de mes illusions
Tout prend une autre dimension… »

Susurre à mon oreille
Murmure, tu me réveilles
Oh, que la vie est belle
Kangourous et hirondelles
Et que brillent les merveilles…

Cigales et criquets résonnent dans ma tête
A l’aube du jour lorsque finit la fête
Nul ne pleure
Nul ne crie
A l’aube du jour quand la fête est finie
Bricoles de la vie qui forment le malheur
Ici sont oubliées
Sont parties en fumée…

5 novembre 00

Sensations arbitraires
De tourments éphémères
Impression d’après guerre
Nous sommes bien sur la Terre…

REVOLUTION


Arbitres de la Mort
Gouverneurs de notre sort
Ils sont là, renient leurs torts
Tant qu’on a du fric on s’en sort
Car l’argent devient un sport
La violence et la haine prennent leur essor…

Trop de massacres
Assez des simulacres
Eux à se tourner les pouces
Derrière leurs bureaux à se la couler douce
Fauteuils en cuir, vitres teintées
Leur univers est marqué
Décadence de la société
Tout autour d’eux est fliqué
Et ils demeurent intouchables
Perpétuant l’épouvantable
Sont-ils des gens respectables
Non des truands véritables
Vivre sur le dos du contribuable
Leur droit de trafic est immuable…

Pourtant demeurent
Arbitres de la Mort…
Gouverneur de notre sort
Tant qu’il a du fric il s’en sort
Sur ses deux oreilles il dort
Pendant que d’autres, en silence, meurent…

On nous parle de liberté
Alors que tout est contrôlé
On nous parle d’égalité
Alors que tout est cher payé
On nous parle de fraternité
Alors que tout est divisé
Ces principes sont usurpés
On nous fait vivre enchaînés
Aujourd’hui l’argent fait vivre
Les cœurs sont froids comme le givre
C’est alors qu’on tente l’esquive
Le feu de nos cœurs se ravive
Hors la loi, c’est ainsi que l’on vibre
Si on veut garder son droit de vivre

Alors attention
Toi qui es
Arbitre de la Mort
Gouverneur de notre sort
Quand sur tes deux oreilles tu dors
Beaucoup de gens voudraient ta mort
Pense à ce mot que tu connais

Révolution.

06 novembre 00

Liberté


Que le ciel est bleu
Se disent les malheureux
Lève-toi, ouvre les yeux.
La liberté, ce que tu veux
Révolution, tel est son nom
Quand il est urgent de dire non…
S’endorment alors les illusions
Les artifices de la télévision
Grands mensonges qui nous abîment
Patrons et brigands si souvent synonymes
Réveillez la fierté de vos cœurs !
Vous vous faites manipuler
Roulez sur la route des rancœurs
Vos vies sont empoisonnées…
Joins-toi à nous
Sans plus tarder !
Vous aurez beau vous
Soucier de l’argent que vous gagnez
De la politique, du sport
La vie vous donne bien du tort
Légalité annule-t-elle Liberté
Souvenez-vous des temps passés
Vous pouvez bien avoir
Du mal à vous remémorer
Mot qui semble dérisoire
Liberté est-elle oubliée ?

07 novembre 00

Murmure Violent


Le vent
Les jours
Tout passe
S’écoule
Doucement
Dans le train-train quotidien… inutile

Le vent
Caresse
Ma joue
C’est froid
Combien
Combien de cœurs, combien de larmes a-t-il gelées auparavant

J’ai entendu
Sa voix
Elle était douce
Elle était froide
Elle avait peur
Elle était muette, muette de stupeur.

J’ai senti
Une larme
Couler le long de ma joue
Elle était froide
Elle a coulé
A cause du vent

Et j’ai écouté
Son murmure
Etouffé
Dans la fraîcheur des journées d’hiver
Son murmure
Et pourtant…

Pourtant, pourtant !
Pourtant
Le souffle était puissant
Comme une vague violente qui glace
Qui gèle qui secoue qui pétrifie
Le corps
Tout entier
Surprenant

Pourtant j’ai pu entendre
Son murmure
Etouffé
Doucement
Gémissant
Au creux de mon oreille

Pourtant j’ai pu entendre
La voix
Du vent
Me comprimer le cœur
Crier doucement
Combien elle avait peur

Et puis
J’ai senti son souffle coupant
Me faire frémir
Comme un gémissement angoissé angoissant
Et faire couler les larmes de mes yeux
Me demandant un instant
Ce qu’aurait pu dire le vent
S’il avait su parler…

14 novembre 00

Introduction au Paradis


Le tourbillon de la vie nous entraîne peu à peu
En enfer
Grande déception religieuse
Aucun des êtres ici bas n’a jamais vu
Le paradis.
Ici de jour comme de nuit
Sonne l’heure de vivre
En enfer… la réalité.

Gommer l’horreur du monde
Aurait été bien mais
Ne sera jamais.
Jamais l’enfer ne quittera la Terre.
Aurait-il oublié le Paradis ?

14 novembre 00

Le Seigneur est Grand…


Aurait-il oublié ?
Le temps passe.
Rien ne se passe et rien n’arrive
Sauf une descente régulière et angoissante
Vers une vie
En Enfer.

Aurait-il oublié ?
Question désillusionnée
Qui ne s’adresse à personne
Constatation logique
Simple et véridique
De cette vie
En Enfer.

Il n’a pas oublié
D’autres choses comme
La violence
La mort, l’égoïsme,
L’avarice, la haine
Le pouvoir, l’argent,
Le mensonge, la corruption
L’envie, la douleur
La tristesse la souffrance les larmes
Le sang la guerre l’inégalité
L’illégalité les lois idiotes
L’asservissement psychologique inconscient
Le contrôle des foules le racisme
Les manipulations la rancune l’intolérance
La peur l’angoisse
L’humain
Non il n’a rien oublié de tout ça

Pourtant on le dit
Bienveillant bénéfique
Notre salut c’est lui
Notre raison de vivre c’est lui
Saluons sa magnificence
On vit dans un monde pourrit
Merci.

Travail, famille, patrie !
Tout le monde est beau
Tout le monde est gentil,
Bouffe ta côte de bœuf
Tes céréales chimiques
Baigne toi dans le pétroles
Bois ton verre d’insecticide
Prends une douche de Tchernobyl
Vois les gens crever dans le tube cathodique
Zappe sur le foot c’est bien plus rigolo
En plus gratuit en prime le lavage de cerveau
Drogue toi au café
Shoote toi la tête aux médicaments
Tape toi une bonne bouffe de temps en temps
Entretiens ton cholestérol
Sirote ton douze ans d’age
Regarde les gens mendiant mourant de faim sur le trottoir
Vote FN car ils pourraient t’attaquer
N’oublie pas tes cachets pour dormir
Ne te demande pas ce qu’ils mettent dedans
Bourre toi d’anti-inflammatoires
Ricane en voyant les camés galérer pour leur dose
Tu es bien au dessus de ça
L’angoisse t’as plus de cigarettes
Saute dans ta voiture, dégaine la carte bleue
Achètes toi un ordi pour être branché
Roule à fond sur la route avec ta grosse voiture
Diesel mal réglé, tant pis si ça pollue
Marrie toi , jure fidélité éternelle
Va au baptême de tes gosses
Bourre toi la gueule
Répands ta connerie
Confesse-toi quand tu as le temps
Ne réfléchis pas !
Tu as déjà assez mal à la tête ;
Et de toutes façons,
Il te protège,
N’est-ce pas ?

Moi je ne sais pas pourquoi
Je me pose cette question. Dis-moi
Si c’est lui qui t’a créé
Etait-il sain de corps et d’esprit
Ou plutôt dis moi
Ton Dieu si unique et supérieur
S’il est l’auteur de notre Enfer
N’aurait il pas oublié
Le Paradis ?

14 novembre 00

Pas De Destin


Comme un éclat de vie qui s’écarterait
Un morceau de rêve que l’on briserait
Toujours le destin passe ?

Comme une habitude répétée attendue
Une larme fatale des illusions perdues
Toujours le destin passe ?

Mais qu’est-ce que le destin ?
–Il n’y a pas de Destin –
Pourquoi y a-t-il du malheur ?
– Il n’y a pas de Destin –
Pourquoi tant de gens ont peur ?
– Il n’y a pas de Destin –
Pourquoi fait-il gris le matin ?
– Il n’y a pas de Destin –

Pourquoi fait-il gris
Pourquoi fait-il froid
Et pourquoi ceci
Et pourquoi cela
C’est très incertain
Mais il n’y a pas de Destin.
Pourquoi tout va mal
Pourquoi rien n’est bien
Pourquoi les gens sont pâles
Et traités comme des chiens
Ce qui est certain
C’est qu’il n’y a pas de Destin.

Il n’y a pas de Destin, non,
Juste quelques cerveaux
Derrière des faces blêmes
Quelques millions de cerveaux
Pourris par le système.

Epargnez moi cette leçon
Sale chanson, sale rengaine
Que ce n’est pas la bonne façon
De voir la vie que l’on mène
Qu’il nous faut respecter les gens
Qui nous méprisent et nous gouvernent
Parce que c’est eux qui ont l’argent
Qui sont au devant de la scène

Il n’y a pas de Destin

Ne me dites pas, encore une fois
Qu’on ne voit que le négatif
Je parle de ce que je vois
Un monde cupide et inactif
Qui sans rien dire suit le troupeau
Ferme les yeux et fait l’autruche
Au besoin te tire dans le dos
En sécurité dans sa ruche
Et te dis : c’est comme ça
Et te dira : c’est la vie…

Mais la vie n’est bien que quand tu la vis
Tu n’as qu’une chance, saisis la
Encore une fois je le dis
Le Destin n’existe pas

Il n’y a pas de Destin, non,
Juste des millions de cerveaux
Engourdis par le système
Des millions de cerveaux
Asservis et soumis
Par ce putain de système.

Décembre 2000

Théorie Pratique


Ecarts insolents
Egarent peu à peu
Des esprits « innocents »
Vers les ciels les plus bleus

A l’instar de la conscience
La folie verte s’élance
Elle dépasse un peu la science
Se fait hors la loi en France

Alors on crie

La peine et l’abandon sont légaux par ici
Et la haine et la violence en ont l’air aussi
Gronde en nos cœurs l’alarme d’injustice
Alors que des millions de cerveaux s’asservissent
La loi du plus riche, c’est la loi la plus forte
Ils trahissent et ils trichent et pourtant ils l’emportent
Soumettant les moins gros par la loi du commerce
Et pour ceux qui résistent parfois du sang déversent

Ceux qui veulent rester libres
A qui le cœur vibre
Nommant les principes éternels
Navrants par leur application habituelle
Ainsi Liberté Egalité Fraternité
Bien souvent ne sont pas respectés
Il faudrait que tout se réveille
Sortir le monde de cet aveugle sommeil.

Décembre 2000

Demain


Le jeu de la vie
Hasard au détour d’un chemin
Insouciant incertain
Où m’emmène donc demain
Que réserve demain
A quoi ressemblera demain
Et verra-t-on seulement
Demain

Demain
Un autre jour
Pareil à tous les autres jours
Chaque jour comme toujours
Différent

Différent des autres
Et pourtant semblable
Valable pour les jours
Comme pour les êtres
S’abattre pour le paraître
C’est condamner demain
A ne jamais renaître.

Demain
C’est la renaissance du chagrin
Demain
Quand on ne meurt pas aujourd’hui
Aujourd’hui
Triste terne morne aujourd’hui
Peut être fera-t-il meilleur demain
Mais demain devient aujourd’hui
Aujourd’hui à attendre demain
Demain qui n’arrive jamais
Car on est toujours aujourd’hui
Dans l’attente d’un demain
Qui n’arrivera
Jamais

Demain
C’est un autre jour
Qu’on attend toujours
Il fait partie des discours
Des mensonges des mauvais tours
Demain
Comme une espérance incertaine
Eloignée indistincte qui nous mène
De par cette curiosité sereine
Et les jours les ans s’enchaînentv Demain
Pourquoi serait-t-il meilleur qu’aujourd’hui
Pourquoi serait-il pareil qu’aujourd’hui
Pourquoi serait-il différent d’aujourd’hui
Pourquoi serait-il pire qu’aujourd’hui
Demain
Pourquoi l’attend-t-on toujours
Pourquoi ne vient-il jamais
Ce lendemain

Peut-être que demain ne vient pas
Demain n’est qu’une idée qu’on se fait
Aujourd’hui est réel
Une vérité naturelle
Demain demeure abstrait
Tant qu’il n’arrive pas
Et il ne vient jamais
Et il n’est jamais là…

Où l’infini commence
Où se finit l’incommencé
Tout cela ne mène à rien
Tout cela ne mène nulle part
On marche à tâtons dans le noir
Mais quel honneur d’être Terrien

Où est-ce que l’infini commence
Quand se finit l’incommencé
Le monde se perd dans une errance
Une recherche inachevée
Et on attend de voir ce que
Demain pourra nous apporter
Sans seulement se douter que
C’est aujourd’hui qu’il faut changer.

27 décembre 00

La Vie


Vivre c’est espérer demain
La vie en un claquement de doigts
Peut s’effondrer
Peut renaître
Infiniment

Vivre c’est attendre la fin
En continuant de garder la foi
Pour espérer
Pour renaître
Infiniment

La vie est un mystère
Le mystère de la vie
De cette vie sur Terre
Sur cette Terre de vie
Mystère
Infini

Ma vie
C’est rêver de magie
Rêver d’une réalité
Eternité
De rêverie

Mais la réalité de cette vie
Est gaspillée
Est salie
Par cette étrange humanité
Qui se détruit
Sans y penser

Alors pour espérer demain
D’un simple claquement de doigts
Je m’enfuis dans un monde à moi
Où on ne connaît le chagrin
Car on y vit vraiment la vie
Dans toute la beauté et la magie
Qu’elle peut avoir
Ultime espérance, unique espoir
Car en France difficile de croire
Quand on voit l’inhumanité
Des gens, de leur fraternité
Ceux qui se disent civilisés
Sans s’en douter détruisent la vie
Ici on ne vit pas. On survit.
La vie ici c’est chercher un travail
Pour pouvoir gagner de l’argent
Et si parfois on déraille
Pour s’en sortir, besoin d’argent
Pour manger, il faut payer
Pour s’abriter il faut payer
Sans fric tu crèves sur le trottoir
Ou tu finis au placard
Il n’y a même pas de justice
Les hommes sont rongés par le vice
Pour qu’ils te rendent un service
Ou qu’un sourire ils esquissent
Y’a pas de secret, il faut payer
De partout on est surveillés
De partout on est contrôlés
La liberté, droit de naissance,
N’existe pas. Il faut payer.
Mais je ne vais pas banquer
Non à la loi de la finance
Pour racheter ma liberté
C’est pourquoi je vis hors du monde
Sur ma terre sainte tant rêvée
Loin de toutes les pensées immondes
Pour vivre je ne veux pas payer.

12 janvier 2001


La lune s’en va
Mais qui l’a jetée ?
De son coin de ciel on l’a décrochée ?
Lune s’en est allée.
Oh lune de miel
Dans ton coin de ciel tu es bien cachée.

CREATION


L’homme est arrivé sur terre
A-t-on jeté des âmes au fond de l’univers
Ou l’homme s’est il créé de lui même
Pour planter une lame tout au fond de sa chair
En signe d’un destin
Que nul n’a écrit
Mais l’homme est arrivé sur terre
Comme un cheveux sale comme une soupe pure
Elle était jeune et belle on l’appelait Nature
L’homme a fait son brouet, deviendra-t-elle Enfer ?
Ses yeux deviennent gris
Ainsi que ses matins
Oui l’homme est arrivé sur terre
Avec sa conscience sa foi ses lois sa science
Tant de choses incertaines feront sa déchéance
Car l’homme a la manie de fuir sa misère
Alors en la fuyant
Aveugle, il s’y plonge plus
Car l’homme est arrivé sur terre
A-t-on vu une espèce s’entretuer de la sorte
Et pourtant persuadée la plus sure la plus forte
Par milliers par millions de innocents enterre
Tués pour l’économie
Extrême barbarie
Mais l’homme est bien sur terre…
Plus il se civilise, cruel paradoxe
Plus il ment plus il triche et plus énorme est l’intox
Et que de mots nouveau dans notre dictionnaire !
Liberté, égalité fraternité ?
Génocide, génocide
Les souille, les abîme
Génocide génocide
Tu reviens à grands pas
Génocide génocide
Mais tu étais toujours là
Génocide
Je te vois
Avec la guerre et sa voix
Comme une mélodie, un lied
Génocide génocide
Car l’homme est arrivé sur terre
Et depuis ce temps il tue toujours plus grand
Génocide génocide
Et si la vie est un mystère
Sa valeur oubliée souvent
Génocide génocide
Car l’homme est arrivé sur terre
Et depuis ce temps s’étend s’étend
Tout ce progrès à quoi ça sert
A tuer de plus en plus de gens
Génocide genocide
La vie humaine semble être un génocide
Inconscient

Soupir
Sourire
Souvenir


Soupir
Sourire
Souvenir
Le ciel clair aux ondes d’azur
S’évapore dans des brumes grises
Emanations soporifiques de mégalopoles – fracture
Dans la terre. L’homme la déguise
La farde la sculpte la façonne à sa guise
A force de bonne volonté surprise
L’horizon à venir cache les nuages
Mais souvent la vue s’affaiblit
Un mirage ?
On oublie.
Et on marche la tête haute
Survole le codage de la civilisation
Mirage. On marche
Action réaction action réaction
De quoi ? On marche
A l’ombre d’une pieuvre planétaire
On marche et finit toujours par se soustraire
A ses tentacules visqueuses et autoritaires
Et pas si méchantes après tout ? Mirage
On marche et on file, sans se retourner
Mais on vit dans un laps de temps
Chaque journée n’est qu’un instant
Chaque présent n’est qu’un passé
Dans un futur à venir
A venir… Avenir est proche
Mais bientôt déjà fini – soupir
Sonne portée par le vent la cloche
Le glas des condamnés – sourire
La vie sourire la vie
De ses mirages illusionnistes
On finira tous sur le souvenir
De ses mirages abstentionnistes
Mais il faut il faut marcher droit
Alors on marche
Alors on marche
Alors on marche
Notre marche est longue et on la glorifie
Gloire – mais dans le temps elle n’est rien
Gloire – tachée de sang larmes bavures
Soupir sourire souvenir – mirage

Respect au soleil au vent à l’eau aux pierres
Qui ont vu et verront tellementv Avant et après nous.

2001 2002


Une oppression régulière et silencieuse
Broie les tempes – assomme les pensées
C’est la démarche fine et vicieuse
De la solitude

Comme un prélude à un univers désenchanté
Quand les illusions s’effacent
C’est alors qu’apparaît, singulière et désaccordée
La vie dans son immense espace
Immense espace…
Mais tout est vide ou plein de rien
Toute la crasse
De l’humanité, que de pauvres chiens
Apeurés et soumis à la force grandissante
De leur folie malheureuse inconsciente
S’étranglant de leurs propres mains tremblantes
Sans voir certaines réalités troublantes
L’appât du gain
Contrôle demain
Dans toutes les âmes
Et on acclame
Tout ce qui peut rapporter de l’argent
Ainsi on peut tuer
Mettre en danger l’humanité
Et la planète même entièrement
Trouble de l’inconscient
Les hommes fonctionnent singulièrement
On leur montre le chemin de l’enfer
Eux le suivent et ne se soucient guère
De qui mène la danse
Se fient aux apparences
De luxe et de confort
Regardent, l’œil confiant
S’affirmer dans leur tort
Tous les grands dirigeants
Mais ne voient-ils pas que
Tous ces grands dirigeants
Se soucient moins d’eux que
De leur goût pour l’argent

Ah, argent, argent, quand tu nous tiens…
Ton son cristallin quand tu tintes dans la main…
Tu me glaces le sang
Vous, braves gens des pays civilisés
Vos principes, vos bonnes manières et votre bonne volonté
Vous me glacez le sang
Vous tous, représentants du genre humain
Qui avancez au pas sans songer à demain
Vous me glacez le sang.

Quand je regarde ce monde
Des choses il en a tant
Pauvre planète ronde
Qui me glacent le sang

Quand je regarde les gens de ce monde
Mon sang se glace

Qu’ils reçoivent en pleine face
Leur vérité immonde !

( puissent ils recevoir ? )

2001

Avoir été, être et devenir
Et des soupirs sourires souvenirs
Dans les dédales obscurs de la mémoire
Et voyez vous le temps qui passe
L’œil avide d’un grand rapace
Ses serres acérés sur la gorge – ô désespoir

Orage des foudres du ciel !
Les dieux sont courroucés – l’hirondelle
Du printemps des années a des ailes sans plumes

Espérer espérance on élève
Les mains jointes au ciel et des rêves
Patientent s’endorment étouffés dans la brume

Lune Lune belle parmi les étoiles
Ton sourire est tendre ton sourire est pâle
Ta lumière embrasse le sol de la nuit

Des ombres dansent dans son sillage
Magique et fou le paysage
Enchante les yeux de ceux qui ont fuit


S’il faut de tout pour faire un monde
Qu’il soit de rêves et de magie
Adieu à ce visage immonde
Qu’on lui donne ces jours ci

Magie
Les yeux ouverts les yeux fermés
Réchauffe le cœur le corps fait pétiller
Magie
Océan mauve des pensées
Douceur suave et colorée
Magie
La Terre la Vie l’immensité
Du haut d’un arbre contempler
Magie
Les sens ouverts à ce fragment d’éternité
Que dieu la Nature ou la Terre impunément nous a donné
Magie
Prendre le temps d’en profiter
Toucher des sens sa beauté
Magie
Est la sensation du bonheur
Qui pourrait alanguir les cœurs

( Modif : « du haut de son coeur » à la place de « du haut d'un arbre »?
quoi que l'arbre donne une certaine simplicité à la situation qui contraste bien avec le vers précédent ... *doute* )

SI SEULEMENT ILS LE VOULAIENT


Des mots pour des mots pour des maux


Est-ce que… Le temps
Les frontières de l’illusion
Auront raison
De ma raison
Irraisonnée

Est-ce que… Latent
Un nuage passif est né
Dans le miroir
De nos pensées
Irrationnées

Est-ce que… L’automne
Fait que souvent je m’étonne
Des couleurs
De ses mirages
Chatoyants

Est-ce que… L’amour
N’est pas une fleur éphémère
Qui grandit
S’épanouit
Et s’évanouit

Est-ce que… La vie
Est elle un fleuve passionné
Au cours fluide
Et parfois
Enamouré

Est-ce que… La mort
Serait le reflet de la vie
Ou l’oracle
Infini
Du passé

Est-ce que… Les mots
Les phrases les pensées insensées
Se perdent
S’égarent
Dans l’actualité

Est-ce que… Le bizarre
L’étrangeté des passions folles
Se meurt
Dans la raison
Des conventions

Est-ce que… Le feu
Le soleil de mon cœur bleu
Enflammera
Mes rêves
De bonheur

Est-ce que… L’histoire
Le miroir de l’inhumanité
Restera vraie
Et sans que nul
Ne la déguise

Est-ce que… La table
Qui nourrit les alizés
Pourrait voler
Et se briser
En un sourire

Est-ce que… Le vent
Parcourt la Terre et ses contrées
Sans jamais
s’arrêter
Et rire

Est-ce que… Les gens
Les sérieux bien habillés
Tolèrent l’absurde
Et les envies
De rire et d’aimer

Est-ce que… Les questions
Celles que je peux me poser
Se résolvent
De manière
Conventionnelle

Est-ce que… Le rationnel
Trouve racine dans les mœurs
Désemparés
De tous les gens
Fanatisés

Est-ce que… Un jour
Le soleil du bonheur mutuel
Eclairera
Le visage
De l’humanité

Est-ce que… Demain
Je vais rire ou je vais pleurer
Ou bien encore
Pleurer de rire
Et rire d’aimer

Est-ce que… L’importance
De la raison a un fondement
Raisonnable
Dans le monde
Où l’on vit

Est-ce que… Les quartiers
Les membres d’une orange rouge
Donneront
Une goutte
De fraîcheur

Est-ce que… Tout
Est comme ceci ou comme cela
A un but ou bien
N’en a pas
Et vit
Est-ce que… Rien
Rien d’autre n’a d’importance
Outre le vide
Absolu
De la raison

Est-ce que… Le désert
Ne menace pas la terre des songes
Qui s’en vont
Peu à peu
Des pensées

Est-ce que… Hier
Les fleurs étaient moins éphémères
Dans les plaines
Des campagnes
Et des cœurs

Est-ce que… L’avenir
Pourra encore nous faire sourire
Sans nous lasser
De la misère
Inconditionnelle

Est-ce que… Actuellement
La colombe ne brûle pas ses ailes
Au firmament
De la haine
De l’humanité inhumaine

Est-ce que… La nudité
La platitude des rêves nouveaux
Matérialistes
Disparaîtra
Bientôt

Est-ce que… Peut-être
Et je ne sais pas en fait
Ces questions
Sont telles quelles
Irraisonnées et inconventionnelles.

28.04.01

Paris, ville lumière


Paris, ville lumière…
Paris, soleil éphémère
Dont la nature s’enfuit
Sous un masque de pluie
Lui cachant le ciel clair,
Paris, ville lumière…

Paris, ville océan
Sous tes vagues de béton
S’étouffe ton histoire,
Ton écume grise ou noire
Brouillard de pollution
Paris ville océan…

Sous ton apparente lumière
J’entends mourir les prières
De la vie, lentement…

Paris, ville magique
De luxe d’art et de fric
Emerveille les yeux naïfs
Et en laisse d’autres craintifs
Je te vois, pour moi tragique
Paris, Paris, ville magique

Paris, ville fardée
Par son histoire et son passé
Sous ses salons ses apparats
Cavalent des milliers de rats
Les gens sont ternes, vides, pressés
Dans Paris ville fardée

Paris, ville tombeau
La Seine est prise entre ses murs
Le sang de la ville est son eau
Elle agonise et là haut
Les étoiles meurent dans l’air impur
De Paris ville tombeau

Paris, ville, cimetière clos
Si ton passé passe merveille,
Ton présent devient un fardeau
Et même si Notre Dame veille
Tes prières n’arrivent plus au ciel
Tant il est lourd de tous tes maux
Paris, ville, cimetière clos.

2001

Liberté


La liberté enivre
Plus on est libre plus on se rend compte que l’on est prisonnier
Liberté
Comme un oiseau voler sous l’aile du temps
Visiter les nuages les roches les torrents
Liberté librement voler au fil du vent
Liberté
Libre des voiles et des parures voir
Les valeurs de la vie de bonheur dérisoire
Les soupirs et les rêves sur le pavé choir
Liberté
L’esprit est prisonnier du corps lui même
Prisonnier du temps qui blême
Blâme les âmes et au ciel les sème
Liberté
Mourir au vent levant n’est pas la délivrance
Prisonnier d’une étoile avant sept enfances
Vivez au jour le jour avec malheur et chance
Liberté
Est prisonnière des liens tissés pour la défendre
Et un jour l’OMC décidera de la pendre
Pour un principe d’argent que l’on devrait revendre
Mais liberté enivre
Elle ouvre les yeux sur la face cachée du monde
C’est pourquoi découvrant les principes immondes
Qui forment les lois le bon sens le système
La morale voudrait un autre jour du monde
Où Liberté serait délivrée de ses chaînes.

Humanisme


Et des âmes s’écroulent sur l’asphalte des tombes
Et des âmes et des cœurs c’est l’univers qui tombe
Et du sang qui se verse comme la pluie averse
Et du sang qu’on déverse la vie en sens inverse
Tourne carré
Un œil de sûreté dont la clé est cachée
Espion sécurité la clé on l’a volée
Et on cherche et on cherche la clé disparue
Et on cherche et on fouille la boue de la rue
Parfumée
Et la vie au parfum d’âpres désespérances
Et la vie a passé douceur d’âcres souffrances
Un rouleau compresseur sur les âmes au cœur tendre
Un amorphisateur sur les mains qu’on veut tendre
Vers la liberté
Une main une main une main sur ma joue
Une main elle est froide glacée vision floue
Et des flots et un fleuve coule des yeux tristes
Et une anamorphose pour ceux qui résistent
Tête au carré
Froideur des nébuleuses aveugles du monde
Et la vie ses mystères est pâle vagabonde
Dans les deux hémisphères les larmes s’écoulent
C’est la course à la guerre oui l’économie soûle
Folie des grandeurs

2002


Cascades d’ages et de songes
Se déversent dans l’héritage
Des chimères de l’histoire
Infiniment elle s’allonge s’allonge
Et plus obscurs sont les nuages
Et les ombres diffamatoires
Un ammoncellement en amont seulement
De la gloire fictive de la Terre
En aval symbolique hémisphère
Le sang des racines on l’injure on lui ment
Inlassablement
Ostenciblement
Désespérément, et la vie est sectaire
Un horizon brumeux dans le bleu de cette ère
Universelle religion de chiffres de tracas monétaires
Est-ce donc toi qui soule es-tu le fruit d’une folie
L’avenir est il un long fleuve tranquille
Perdu dans un infini étrange
Cascade d’ages et de songes
Et s’obscurcissent gentiment les nuages
Folie des grandeurs

2001

J’ai vu des ombres…


J’ai vu des ombres danser au lointain crépuscule
Surgissant de nulle part animant le brouillard
Un froufroutement d’ailes un hibou qui hulule
Il y a des ombres qui errent au hasard

L’air est calme l’air est indifférent
L’air est vide de tout ressentiment
L’air est sourd, aveugle, muet, souriant
Il y a des ombres dans le ciel grimaçant

Car le ciel grimace

Il semble dire, attends, attends
Sa voix est un sourd un railleur grincement
Vois l’œil du ciel comme il est perçant
Car le ciel grimace, sens son regard pesant

Des ombres dansent se déplacent

Le vent se lève et la nuit crisse
S’étire et ses sens s’éveillent
L’horizon est flou – la nuit bruisse
Le ciel dévoile ses merveilles

J’ai vu des ombres danser dans un rêve
Leurs tambours résonnent sous terre et dans l’air
Il y a des ombres qui dansent sur la grève
Le vent de la mer transporte leur prière

Les ombres dansent

La nuit s’enflamme de leur chant magique
Les étoiles implosent de lueurs angéliques
Le feu est partout dans le cœur de la terre
Et ce cœur bat au son des tambours de guerre

Les ombres sont en transe

Et la Terre et la Terre se réveille à leur voix
Et le sang coule à nouveau dans ses veines
Dans la magie nocturne la vie se bat
Redonner à Nature force vive et sereine

J’ai vu des ombres danser au cœur des éléments
J’ai senti leur foi leurs rêves leur espérance
La douleur qui croît dans leurs maints sentiments
C’est Nature qui dansant exorcise sa souffrance

Sentez vous Nature vibrer
Savez vous qu’elle a un cœur
Comme son parfum peut enivrer
Lorsqu’on sait percevoir sa douceur
Sentez vous Nature vibrer
Voyez vous Nature se battre
Regardez Nature lutter
Sous le béton dont on la cloître
Sentez vous Nature vibrer
Sous tout ce qui la fit souffrir
Si elle ne sent rien, vous pensez ?
Je souffre de la voir mourir.

( chute qui sonne bien à l'oreille mais moins bien au sens ... :/ )

2001-2002

La vague voile étoilée de l’infini
S’efface à l’horizon disparaît sans un bruit
La vague voile étoilée de l’infini
Une crinière d’or illuminait la nuit
Et dans les profondeurs les abysses du ciel
On croirait voir la mer un océan d’azur
Et dans les profondeurs abyssales du ciel
Doucement agonise un ozone d’usure.
L’homme sur la Terre laisse sa signature
Gravées dans ses entrailles dans son sol, Nature
Du gris du gris du gris du gris et des voitures
On te tue on te tue on t’étouffe Nature
Immensité machiavélique du cynisme cérébral
Une orbite sans fond d’une lueur spectrale
Balaie éradique les lubies insatiables
Et on hisse la mort sur un haut piédestal
Des ombres fantomatiques dansaient sous la Lune
Les rêves de la vie rendent leur dernier soupir
Et ces anges déchus se fondent dans la brume
Reflet de leur sourire miroir de l’avenir
Ils sont partis ils sont partis ils sont partis n’en parlons plus
Plus le temps plus le temps rêver être déçu
Seul le temps de filer la vie ne rêve plus
On pense à ses problèmes on s’attarde dessus
Et rien ne change
Et rien ne bouge
Verrait on la vie d’une manière étrange
Le ciel est bleu le sang est rouge
La toile des linceuls est blanche
La vague voile étoilée de l’infini
Un oiseau écorché saute de branche en branche
Encore un disque d’or illumine la nuit
Et le jour se lève à nouveau
Chaque jour chaque nuit
La vague voile étoilée de l’infini
S’efface
Et ainsi va le vent et s’envole la Vie.

2001-2002

La mer au loin s’étend, ses vagues s’envolent vers de lointains horizons et se fondent dans le bleu du ciel, comme deux infinis qui se lient dans l’immensité des yeux de l’univers. Une petite flamme blanche s’agite à la rencontre de ces mondes, une voile poussée par le vent vers une autre destination, ailleurs…
Et tout cela est inconnu. Il n’y a que le regard pour suivre ce point fugace qui semble être le reflet lointain du soleil qui se couche dans les bras de la mer. Puis la voile disparaît. Et le soleil aussi.
Sous les étoiles alors je rêve. Je voudrais un jour pouvoir suivre cette voile, pouvoir suivre le soleil et ne pas le voir se coucher, juste voir où il me mène, dans quel ailleurs s’enfuit le monde à la liaison entre ciel et mer.

2001

Voyage de mes rêves inachevés
Deviendras-tu réalité
Verrais-je un jour ces ailleurs
Que j’espère dans mon cœur
Mon cœur
Mon cœur est plein de liberté
Je voudrais pouvoir m’envoler
Peut-être voir un autre monde
Ne serait-ce que quelques secondes
Meilleur
Des secondes… Le temps s’écoule
Je m’impatiente et se déroule
La vie autour de moi toujours
Ici je me perds je m’égare dans les jours
Qui m’entourent
Et tour à tour des rêves se brisent
Et d’autres paraissent
Gagne des fois la douceur exquise
D’une paresse
Pourquoi ne pas s’arrêter un instant
Juste pour voir, comme ça,
Les gens filer sans prendre le temps
De regarder autour de soi
Souvent, souvent je me demande
Comment, pourquoi je suis arrivée là
Que le ciel ou la mer se fendent
Et m’enlèvent au creux de leurs bras
Ici je ne suis pas chez moi
De tout ce qu’il y a ici je ne veux pas
Trop trop trop de choses le monde est envahi
Du béton des usines une belle bande d’abrutis
Mon cœur se meurt ici, pourrais-je un jour m’enfuir
Je ne veux pas ici voir mes jours se ternir
Mais dans mon cœur brûle un soleil d’amour et de vie
Et déjà dans mes rêves je ne suis plus ici.

2001


Ciel de nuages gris
Es-tu triste ou es-tu aigri
De voir encore toujours ici
La vie la mort se dérouler ainsi

Drame de pierre et des pensées absurdes
Un cœur solitaire meurt-il en ton azur
Ciel, ciel, que deviendras tu, si durs
Sont les hommes pour ton ozone pur

Univers réponds moi je t’en prie
As-tu une âme un cœur une conscience
Ne souffres-tu pas de tous ces esprits
Qui te meurtrissent au nom de leur science

Univers univers de tes profonds yeux bleus
Où se mirent les étoiles à mille et mille lieues
Sont-ce des larmes ou tes sourires heureux
Univers univers mon cœur est amoureux

Nature est mère d’Amour et de toute la Terre
Nature au long des jours c’est elle qu’on enterre
Nature te tueras-t-on et ton frère univers
De jours comme de nuit sur toi a l’œil ouvert

Nature est mère d’amour et de toute la terre
Mais notre mère se meurt et dans ce monde amer
A-t-on assez d’amour pour soigner ses blessures
Que l’homme lui inflige de ces mains trop sures

Univers univers mon cœur est amoureux
Et le soleil brille tout au fond de tes yeux
Nature mère d’amour et de toute la Terre
Puissent un jour tes enfants s’unir pour ta vie

1.10.2001

L’homme a renié son instinct au profit d’une conscience trompeuse, avec l’idée absurde de dominer la nature il a quitté le chemin de la vie au profit d’un tout autre, celui de la survie. En reniant son instinct l’homme coupe ses racines, et j’ai peur qu’ainsi ses enfants s’enlisent dans un monde avorté, et à force de recherche de luxe, de confort, pouvoirs en tout genres, se retrouvent dans une vie atrophiée des plaisirs les plus purs, où le bleu de l’azur sera terne chagrin, le chant des oiseaux un silence funèbre, et les fleuves de vie des larmes et des morts sous leurs yeux condamnés.

1.10.2001


Brèves

Intro

Les violettes sont bleues et les oiseaux sont rouges !
Liberté est amère dans le monde d’aujourd’hui
Même la mer est rouge du sang des innocents
Inaugurant le fer des barreaux de la vie
Car des yeux nous observent et personne ne bouge

Existence

Je contemple au loin des perspectives incertaines
Pense à la vie et ses blessures soudaines
Donc mon cœur se serre un instant
Je me perds je m’égare infini espace temps
Suis les méandres de l’inconscient

Pensées

Nuage nuée nature morte née
Naufrage loué malheureux aliénés
Songe pensée sombre en son immensité
Sinistre sauvage vie fraternité
Songe songe songe pense panse pan
Rien ne sert de courir et la vie est blessée.

2001-2002

L’homme, sa pensée. Une toile blanche aux limites perdues dans l’ombre.
L’histoire qu’il trace s’inscrit sur cette toile en des constructions aléatoires. Chaque génération reçoit une trame constamment enrichie des précédentes et l’agrémente à son tour d’un point, d’un coup de ciseau, d’un trait habile ou grossier.
S’il y a un ou plusieurs dieux créateurs, entités improbables fictivement dotées de pensée, l’humanité est un défi, une expérience incertaine, en tout cas certainement pas un chef d’œuvre car constamment imprévisible et ambigu.
S’il n’est pas de Dieu et qu’alors l’homme se prenne pour Dieu dans son antre de création, alors il est urgent que l’homme se souvienne qu’il ne sait pas et ne saura jamais quelle est la vérité sur sa place dans le monde, ne s’il est en train d’œuvrer sur un bon ou un mauvais chemin avant de constater les conséquences de ses actes.
Dès lors l’homme se devrait de considérer ses agissements avec beaucoup plus d’humilité.

2002

Pourquoi pourquoi toujours des fleurs au bord des routes
Des fleurs pour dire la mort et pas pour dire l’amour
Pour quoi pourquoi toujours la vie est en déroute
Et pleine de vos doutes toujours suit son cours

Et puis pourquoi toujours où allez vous si vite
Ne ressentez vous pas une éternelle fuite
Dans vos petites boites toujours toujours plus vite
Et dans une autre boite un jour disparu, pfuit ?

Et vous sentez vous bien dans vos petites boites
Avec tout le confort que vous y trouverez
Mais vous allez tous seuls, oh que la vie est plate
Quand c’est vous qui la faites vous qui la créez ?

Et murés dans vos boites à quoi croyez vous donc
A la vie à la mort à l’amour à l’espoir
Mais non et vous crachez inconsciemment ou non
Sur la Nature et l’homme et sur leurs heures de gloire

Pourquoi pourquoi toujours des fleurs au bord des routes
Celles qui sont naturelles déjà n’existent plus
Ne restent plus alors que celles de vos doutes
Pour fleurir la mémoire de quelques disparus

Oui mais qu’inspire la mort à part l’indifférence
Quand noyées dans des chiffres les vies n’ont plus de charme
On perd son nom son âme, devenir, quelle chance
Quand cessera-t-on vouloir tuer la haine avec des armes

Oui mais qu’inspire l’amour à part l’indifférence
Quand il n’a pas de prix pas de valeur d’argent
Est-ce que penser aux autres est une déchéance
Quand chacun pense à soi et le reste, bon vent

Est-ce qu’un jour les hommes ne seront plus que des cerveaux
Ou bien des portefeuilles avec une puce dans le dos
Qui leur dira que faire de leur ventre repus
Quand on a plus de cœur oh le monde est foutu

Car l’homme vend son cœur et son honneur aussi
Au nom de quelque sou et à n’importe qui
Quand il ne saura plus ni rire ni pleurer
Sera-t-il encore homme ou monstruosité

On voit on voit toujours des fleurs au bord des routes
Mais quand, réveillez vous, arrêtez de rouler
Pourquoi hésitez vous à prononcer un doute
Sur votre quotidien et comme il est géré.

Mais non mais non oh non oh, surtout pas penser
Il y en a là haut qu’on pourrait déranger
Priez vous Dieu la Terre ou un trois pièces cravaté
Avez vous des principes et qu’est-ce que vous voulez

Mais sans les contresens faits par les religions
Oh hommes est-ce qu’un jour vous ouvrirez les yeux
Ne voyez vous pas l’urgence d’une révolution
Mais vous pensez à vous vous qui n’êtes plus pieux

Qu’en regardant la bourse jour à jour vous berner
Et vous croyez revivre les sept plaies de l’Egypte
Et vous continuez les servir les louer
Ces quelques grosses erreurs que les sous plébiscitent

2002

Pourquoi

Mais pourquoi quoi
La question se pose
Et se repose
Nul ne lui apporte l’éveil à la lumière du jour
La question se pose
Et s’endort
Dans les illusions les paradoxes mondiaux
Les idéaux se perdent dans l’économie
Bonheur et argent sont des synonymes dans l’actualité conformiste
Le savoir est entre les mains d’inconnus illusionnistes
On n’apprend que les parures
Qui dissimulent les ordures
Dur dur
Le sommeil est profond et les aveugles se noient dans les délices absurdes d’un capitalisme religieusement établi
Soupirez soupirez
Espérer aspirer à des jours meilleurs c’est s’étouffer dans la masse des usages et coutumes – habituelles désillusions –
Le monde dort
La vie est un long fleuve tranquille dans des canaux murés et grillagés
Inspiration expiration inspiration expiration
Le monde ronfle
Silence des limbes perdues où dort la vérité
Des cascades intempestives entraînent la vie toujours plus bas
Mais elle suit son cours
Elle courre elle courre
Toujours plus loin toujours plus vite
Toujours plus haut vers le fond
L’honneur c’est savoir voler avec sagesse ceux qui rament derrière
Le monde dort sur son bateau de croisière

Je voudrais pouvoir sauter de ce navire fantôme et remonter à la rame le courant désinvolte
Atteindre la source pure et non l’océan putride où se déversent toutes les inepties économiques et politiques de démocratie virtuelle – tous les déchets les égouts de la vie

Quelle est la formule pour fabriquer la bombe assez puissante pour réveiller le monde à la vie
E=mC² l’a plongé vers l’oubli
Incontournable folie des grandeurs
2002

La vie est une femme fardée
Elle a un cœur certes mais caché
Sous des apparats des horreurs
Sommeillent sombres souillent son cœur

Le ciel est gris ; la vie a froid
La vie n’est pas la même partout
Elle est vêtue, brillante parfois
Et d’autres elle n’a plus rien du tout

Dans les nébuleuses aveugles des hommes
La vie se meurt la vie étouffe
Il arrive qu’on l’habille comme
Une poupée, un genre de pouff
Comme on en voit à la télé

Il faudrait gratter parfois gratter
Le fond de teint dont on la farde
Les vieilles couches désséchées
Et répandues, comme on se hasarde
A se prendre pour des maîtres

Et c’en est fini de la poésie, et des comédies de masques, quand sur terre le bonheur sera fini partira t’on pour l’espace réitérer ces erreurs… La vie étouffe tant chacun la déguise la farde la sculpte la façonne à sa guise mais au détriment d’autres, pour qui la vie perd ses cheveux, son cœur son âme ses souvenirs, elle n’a plus que la couleur de la poussière, et elle pleure.
Comment expliquer cela ? Où est le visage de la vérité quand la vie a deux visages ? L’une étouffe tant on veut la rendre belle, et meme si on pouvait on arracherait les seins de l’autre pour qu’elle soit encore plus belle, et tant pis si l’autre est grise pâle seule et qu’elle hurle à la mort et qu’importe si les deux souffrent ; la première ne peut plus parler, on lui a cousu les lèvres. La deuxième ne peut plus crier, il n’y a de toutes façons personne pour l’entendre !
A quand pour ceux pour qui la vie est celle qui se meurt sous trop de bonnes attentions, dans des corsets trop serrés, sous des masques toujours plus laids au fond, à quand la démaquiller, la délivrer de sa prison d’or, habiller l’autre des vêtements qui gènent la première ?

2002